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Rétinite Pigmentaire

Ensemble, faisons avancer la recherche
sur les maladies génétiques de la rétine

Sous l’égide du CNRS, l’Institut de la Vision (Paris) et ses collaborateurs français ont officialisés le 5 mars 2025, sous la forme d’un Projet de Recherche Internationale (IRP), leur envie de partenariat scientifique avec les équipes et partenaires du Vision Care Institute de Kobe (Japon). Reportage.

Le 4 mars 2025, à l’ambassade de France à Tokyo, a eu lieu la 4e conférence Franco-Japonaise sur les Innovations technologiques dans la recherche sur la vision et l’ophtalmologie. Dans la salle, des représentants de compagnies pharmaceutiques japonaises, une délégation d’une dizaine de chercheurs côté Institut de la Vision et IHU Foresight, et autant du Kobe City Eye Hospital, ainsi que des entreprises et structures qui gravitent autour de ces structures. Didier Marty-Dessus, conseiller scientifique de l’ambassade, a introduit d’un mot la conférence, se félicitant que la signature imminente de l’IRP « augmente la mobilité des chercheurs et des connaissances, mais également les chances de mener à bien des essais cliniques dans le secteur crucial de l’ophtalmologie ».

Cette introduction a été complétée par une présentation de leurs structures respectives et de leurs accomplissements à date par Serge Picaud, directeur de l’Institut de la Vision (Paris), et Michiko Mandai, directrice du centre de recherche de l’hôpital ophtalmologique de la ville de Kobe (Japon). Ont suivi une douzaine de courts exposés, allant de nouvelles technologies d’imageries sans marquage à la présentation d’un automate de culture cellulaire, en passant par des sujets plus proches de la clinique, autour des enjeux de thérapie génique ou cellulaire, de restauration de la vision par optogénétique et sonogénétique ou encore la compréhension et la prise en charge des mécanismes de la douleur cornéenne. Cet évènement était l’occasion, pour les intervenants, de présenter leurs dernières avancées académiques à de potentiels partenaires industriels. Il a été suivi d’une réception de mise en réseau dans la résidence de l’ambassadeur de France au Japon, M. Philippe Setton, qui a salué « cette nouvelle étape dans la construction d’une
collaboration durable entre deux établissements réputés, partageant une organisation qui s’appuie sur les collaborations publiques-privées pour stimuler la production d’innovations médicales bénéficiant aux patients ».

Recherche en ophtalmologie Paris et Kobe, une relation qui dure depuis plus d’une décennie

Depuis maintenant plus de dix ans, suite à la rencontre du Pr José-Alain Sahel et du Dr Masayo Takahashi, les échanges n’ont jamais cessé entre l’Institut de la Vision et les équipes qui ont constitué, en 2017, le Kobe Eye Center. Le Dr Masayo Takahashi, pionnière de la thérapie cellulaire régénérative de l’épithélium rétinien pigmentaire, est à l’initiative de la création de ce pôle de recherche et de soin. Elle reconnait d’ailleurs s’être très largement inspirée, à une échelle plus modeste, de l’articulation entre l’Institut de la Vision, l’Hôpital National des 15-20, l’IHU Foresight qui les regroupe et la galaxie de start-ups et autres fondations qui les entourent. « Nous avions très vite mis en place une dynamique de partage de nos connaissances, où nous allions les visiter une année, eux la suivante. Il y a eu des échanges d’étudiants, la mise en place de congrès communs. Même si le covid a mis tout cela sur pause, les échanges ont depuis repris » commente le Pr José-Alain Sahel. « Le niveau scientifique est très élevé à Paris. Ces rencontres sont donc toujours une excellente opportunité d’être stimulés par les progrès de nos collaborateurs » renchérit le Dr Masayo Takahashi.

L’ambassade de France à Tokyo, fidèle à son rôle de promotion des rencontres entre académiques, et entre académiques et industriels, a également hébergé à plusieurs reprises des conférences et séminaires conjoints entre les deux partenaires, dont la conférence de mars 2025.

Des homologues qui s’associent officiellement

Cette année, l’évènement s’est poursuivi à Kobe (Japon), par une visite du Kobe City Eye Hospital, à l’issue de laquelle a été officiellement signé, le 5 mars 2025, un Projet de Recherche Internationale.
Etablit pour cinq ans entre les différents acteurs, il pose l’ambition que l’échange de savoir-faire puisse élargir le spectre des méthodes et des techniques utilisées dans les deux institutions et se traduire en clinique par
de nouvelles approches thérapeutiques. « Cette signature est dans la continuité
de notre relation. Le CNRS a mis ces outils en place pour faciliter les collaborations et c’est une opportunité qui a été saisie pour consolider ce partenariat qui existe en fait déjà de façon informelle » souligne le Pr Sahel.

« Nos objectifs et stratégies sont très similaires, en partageant nos connaissances nous pourrons aller plus vite pour lutter contre les maladies cécitantes » commente de son côté la Dr Michiko Mandai. « Nous partageons également un certain nombre de valeurs, de goût pour l’art, la culture, cela nous rapproche intellectuellement », ajoute Serge Picaud « mais comme nous n’avons pas toujours la même manière d’aborder les questions, les synergies potentielles entre nos approches sont très importantes ». Un espoir partagé par le directeur de l’Hôpital ophtalmologique de Kobé.

Les contours exacts de la collaboration sont encore en train d’être définis. La journée du 6 mars 2025 a en cela été cruciale, car elle a été dédiée à la tenue d’un colloque scientifique de haute volée au Kobe Eye Center. Celui-ci a permis aux principaux chefs de groupe, français comme japonais, de présenter leurs dernières réalisations à leurs homologues, et d’appuyer par des exemples les axes possibles de coopération. Cet échange, académique, était également fonctionnel, avec un partage de la manière de sélectionner les patients pour des essais cliniques, des critères d’évaluation de l’efficacité et de l’innocuité des candidats traitements…

Des équipes complémentaires

L’Institut de la Vision et le Kobe City Eye Research Center and Hospital sont tous deux des leaders de renommée internationale dans le domaine de la recherche sur la vision et de sa restauration. Ils développent des stratégies thérapeutiques complémentaires pour la restauration de la vision, notamment les thérapies géniques et cellulaires, l’optogénétique et les prothèses visuelles. Le groupe de Kobe a ainsi réalisé les premiers essais cliniques au monde de greffe de cellules souches pluripotentes induites (iPS) : cellules de l’épithélium rétinien pigmentaire en 2014 et photorécepteurs en 2020. Le partage de cette expérience pionnière, et révolutionnaire, a été et reste très important pour les développements translationnels menés par le groupe français dont la thérapie cellulaire à base de cellules souches embryonnaires pour le traitement de la rétinopathie pigmentaire est actuellement en essai clinique (commencé en 2019). Le groupe parisien dispose quant à lui d’une expertise confirmée à l’échelle internationale dans le domaine de la thérapie génique, de l’optogénétique et des prothèses visuelles, rétiniennes et corticales.

De part et d’autre, le fil conducteur de ce partenariat est clair : partager les techniques et connaissances permettra d’accélérer le développement et l’application clinique de nouvelles stratégies de prévention de la perte de vision et de restauration de la vision.

De grands thèmes de recherche à explorer conjointement

Dans la construction du projet de recherche, les partenaires se sont déjà entendus sur un certain nombre de sujets à débroussailler ensemble. Parmi ceux-ci, la mise en place d’une approche globale et personnalisée du traitement des patients malvoyants et aveugles combinant les expertises des deux institutions en termes de diagnostic génétique, évaluation de la structure rétinienne et stadification de la maladie. L’objectif est ici d’être mieux équipés pour sélectionner les traitements appropriés pour chaque patient et évaluer efficacement les résultats thérapeutiques. Ceci devrait contribuer à l’amélioration des résultats cliniques et, en définitive, de la qualité de vie des patients.

Autre sujet sur lequel l’échange de connaissance devrait apporter un gain significatif pour les patients : la basse vision. La standardisation des critères d’analyse devrait permettre l’évaluation objective de la fonction visuelle et du bénéfice thérapeutique des traitements. Pour cela, les chercheurs pourront s’appuyer sur les tests et les environnements technologies de pointe fournis par la plateforme StreetLab (à Paris, Institut de la Vision) et le Vision Park (Kobe Eye Research Center).

Si l’IRP ne donne pas de moyens financiers supplémentaires, il assoit l’importance de cette collaboration, ce qui va permettre de faciliter la mobilité des personnels, et donc les rencontres. « Dans ce cadre, la société japonaise pour la promotion de la science pourrait financer des échanges d’étudiants. Tout cela va dynamiser encore les échanges entre nos laboratoires, et peut-être permettre ensuite d’ouvrir ce partenariat à d’autres institutions. Cela, c’est l’avenir qui le dira » conclut Serge Picaud.

« Michibi Climbing* » est le premier mur d’escalade au monde dont les prises sont éclairées.

Les prises s’illuminent pour indiquer la voie, de sorte que tant qu’un grimpeur a un niveau de fonction visuelle lui permettant de percevoir la lumière, il peut grimper de manière autonome. Pour les personnes qui ne voient pas du tout, les instructeurs donnent des indications verbales, telles que la direction et la distance. Situé dans le Vision Park du Kobe Eye Center, ce mur d’escalade est conçu pour que chacun puisse en profiter, quels que soient ses capacités visuelles, son état de santé, son âge ou son sexe.
Plutôt que de considérer la cécité ou la malvoyance comme une incapacité, le Michibi Climbing incarne l’état d’esprit qui consiste à réfléchir à la manière de transformer ce que l’on croit « ne pas pouvoir » faire en quelque chose que l’on « peut » faire.

(* « Michibi Climbing » est un mot inventé qui combine le verbe japonais « michibiku » (guider) et « climbing » (escalade)).

Source : Guide-Vue.fr, le 17 juin 2025, Propos recueillis par Aline Aurias

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